dimanche 24 juin 2012

"Là où le gel est inconnu"

Tel est le très beau titre du texte inédit de Marc Bernard que vient de publier la non moins belle revue Théodore Balmoral, dirigée par Thierry Bouchard (lire aussi ci-dessous). Ce récit d'une vingtaine de pages est sans aucun doute le tout dernier texte écrit par Marc Bernard avant de s'éteindre, le 15 novembre 1983 à Nîmes. Bien évidemment, la bien-aimée Else est omniprésente dans ce texte d'une tonalité plus crépusculaire, si l'on se réfère au livre que les éditions Gallimard publieront au lendemain de sa disparition, Au fil des jours, un véritable paquet de notes que son ami Roger Grenier eut le talent de mettre en ordre. Ce texte met aussi en exergue la relation curieuse que Marc Bernard noue avec le monde en ses derniers instants. Selon son propre aveu, il se sent de plus en plus expulsé de la réalité. Avec quelle minutie il décrit sa vision des objets, et même des murs, qui l'entourent (alors qu'il est encore sous l'effet d'une anesthésie), voire son obsession du proton... Outre ce récit de Marc Bernard, le n°68 de la revue Balmoral propose notamment une pièce de la femme de lettres et résistante Charlotte Delbo : Les hommes. Trois écarts expérimentaux de Jacques Réda, Les graines de lecture de Bernard Baillaud, lequel édite courageusement les œuvres complètes de l'ami Paulhan chez Gallimard, ou encore un entretien avec Gilles Ortlieb autour d'un écrivain précieux : Jean Forton. Bref, Marc Bernard est bien entouré ! On peut trouver ce numéro dans les bonnes librairies, mais plus sûrement en écrivant à la revue : theodore.balmoral@wanadoo.fr (21 €). De la littérature que c'est (vraiment) la peine !

lundi 30 avril 2012

Marc et Else chez Théodore (Balmoral)

Me voici une nouvelle fois seul avec Marc Bernard depuis quelques semaines, plongé dans les dernières semaines de sa vie grâce à un texte qu'il a, selon toute vraisemblance, composé à Nîmes peu avant sa mort en novembre 1983. Un texte inédit, saisissant pour ce qu'il raconte du vieil homme qui n'a plus que l'écriture pour se rattacher au souvenir de sa bien-aimée Else. Thierry Bouchard qui dirige la très belle revue de littérature Théodore Balmoral m'a demandé un inédit de Marc Bernard, je lui ai proposé celui-ci. Le tout dernier écrit de Marc, à l'écriture tremblée. Vous pourrez lire "Là où le gel est inconnu" dans le prochain numéro de la revue. Elle paraîtra en juin 2012. Je regrette parfois de ne pas offrir plus de visibilité aux écrits de Marc, notamment grâce au formidable travail entrepris par les revues. Dans le même temps, cela me satisfait que d'aucuns rencontrent cet auteur par hasard, au gré d'une (timide) réédition de son éditeur ou grâce à celles, exigeantes, de Thierry et Emmanuelle Boizet chez Finitude. Ou peut-être encore via ce pauvre blog. Volupté et effacement de Marc Bernard. A très bientôt ! Je me le promets.

mardi 25 octobre 2011

Où es-tu Annie ?

Des semaines, maintenant des mois que tu ne réponds plus. Où es-tu ?

dimanche 6 juin 2010

Quel Capharnaüm !

La belle aventure de Marc Bernard aux éditions Finitude se poursuit.
Après la publication de Sarcellopolis en février 2010 (dont vous pouvez toujours lire la critique parue dans Télérama ici), l'éditeur bordelais publie cinq chroniques tirées du Figaro dans le tout premier numéro de sa revue Capharnaüm (sur commande ou en librairie, 13 € - 100 pages).
A ses côtés, des textes de Raymond Guérin, Jean-Pierre Martinet, Michel Ohl, Georges Hyvernaud, R.L. Stevenson, Georges Arnaud et Eugène Dabit, avec des photos inédites des auteurs précités. Soit un excellent compagnonnage...
Vous pouvez (re)lire dans ce blog une des chroniques de Marc Bernard au Figaro, histoire de vous donner un avant-goût avant de plonger dans ce beau Capharnaüm.

lundi 12 octobre 2009

Sarcellopolis

Des mois de silence déjà... Il faut dire que la biographie de Marc Bernard avance peu depuis quelques semaines - si ce n'est mois. Pourtant, je détenais une nouvelle : la réédition, en février 2010, de Sarcellopolis, aux éditions Finitude. Ou le récit de trois mois d'immersion totale dans le Grand ensemble de Sarcelles, au début de l'année 1963. Flammarion et les critiques de la Rive gauche espéraient un pamphlet, c'était mal connaître celui qui, pour être le chantre d'une vie primitive (le soleil, la mer, la nudité...), savait aussi porter un regard clair sur les aspirations de son temps. Marc Bernard, on l'aura compris, ne fut pas une victime de la Sarcellite...

vendredi 26 juin 2009

France Culture

Un petit mot pour vous signaler, avec un peu de retard, la diffusion de deux nouveaux documentaires sur France Culture (toujours pour l'émission Surpris par la nuit), intimement liés à mon enfance dans le hameau ouvrier de l'Ardoise. Ils ont certes déjà été diffusés, mercredi 24 et jeudi 25 juin, mais vous pouvez les podcaster sur le site de la chaîne pendant quelques jours encore... Voici le lien : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/podcast/
Le premier de ces docs se nomme "Au départ", et le second "Le départ".
Cette petite interférence passée, bientôt des nouvelles de Marc Bernard...

samedi 23 mai 2009

Un biographe

J'étais quelque peu inquiet de la manière dont j'allais m'y prendre pour assembler tant de matière et rédiger (enfin !) cette biographie, après tant d'années d'accumulation de notes, de textes, de lectures et de rencontres, de correspondances et de photographies. Ecrire, un travail final que repousse souvent le biographe au prétexte de nouvelles sources - toujours possibles, car passer à l'acte c'est se préparer à quitter son sujet.
Mais voilà que, très étonnamment, l'écriture coule, comme si tout était déjà écrit quelque part, loin du désordre des piles de matériaux accumulés sur des tables branlantes ou dans mon pauvre disque dur.
Mais je sais que cette "facilité" appelle la meilleure vigilance ! Que (bien) raconter est une chose - certes difficile - mais que là n'est pas l'essentiel.
Il me semble difficile de passer sous silence certaines émotions, certaines correspondances émouvantes, qui font à mon sens, aussi, toute la contemporanéité de mon attachement à Marc Bernard. Sa présence. Une chose bête à écrire, mais si belle à vivre.
On n'écrit pas une biographie de Marc Bernard comme on s'attaquerait à un nouvel écrit sur Mauriac ou Sartre. Je crois que si ma nature me porte à parler à la première personne, le personnage l'exige aussi. Et puis, nous ne serons pas trop de deux pour passionner le lecteur...
Pour ceux que ce penchant biographique intéresse, je conseille la lecture de la bio que Jean-Paul Kauffmann a consacré à Raymond Guérin ("31, allées Damour" - c'était l'adresse de Guérin à Bordeaux... éd. de La table ronde). C'est beau, "engagé" comme je l'aime (avec finesse et sans narcissisme), et fort intéressant pour les amateurs d'écrivains oubliés. Et les autres aussi.